Richard Maniere
Fondateur & créateur

Je suis musicien et auteur.
Adolescent, je tombe littéralement amoureux de la typographie, celle des casses de caractères en plomb qui font les textes que je compose au lycée d’imprimerie. Après un parcours atypique à l’Education Nationale en tant qu’imprimeur puis ouvrier, agent d’accueil dans un Etablissement scolaire, je reprends mes études à 32 ans, et obtiens un baccalauréat Lettre-Art puis une licence d’Art Plastique.

 

J’enseigne en Industrie Graphique et je réussis en 2012 le concours d’enseignant en Métiers d’Art (professeur en lycée professionnel pour les BMA Arts Graphiques).
Je rencontre Anne Mars, plasticienne et éditrice qui bouleverse ma vie, ma pratique musicale et graphique. Ensemble au sein de martine’s éditions, nous créons des éditions de papier découpé, et d’impression sérigraphié à la main. Aucun livres ne se ressemblent. Les livres-objets sont présents dans les librairies parisiennes, nationales, en Belgique et en Suisse.
Nous créons le duo « les martine’s », nous composons des « dialogues musicaux », plage musicale et sonore, mash-up littéraire, performances entre 20 et 30 minutes qui développent l’écoute, le regard et le rapport aux objets-livre comme support de la musique, édités par Martine’s éditions.


En 2018, autour de la réalisation de la partition graphique BRUIT BLANC de Malte Martin, je rencontre Jonathan dont la société est spécialisée en finition. Nous parlons du projet et il me propose un espace d'atelier. Fin 2019, je décide de créer ma marque de design de papier découpé et d’impressions artistiques, installé aux portes de Paris, à Bagnolet.



L’histoire

 

Pourquoi La Martiennerie ?

D’abord parce qu’on nous a souvent dit que l’on réalisait des OVNI éditoriaux.
Ensuite parce que Anne, mon amour de plasticienne, s’appelle Mars.
Parce que les « martienneries » sont le nom que je donne aux proverbes approximatifs dont elle s’est fait la spécialiste : des « a peu près » qui contaminent les petites expressions quotidiennes, les rendant poétiques.
Parce qu'on entend aussi le mot « mercerie » résonner au loin, hommage à ces lieux qui proposent des boutons, des patrons, du fil, des « petits détails » qui font toute la différence.
Enfin, c'est un clin d’œil assumé à mon amour pour les films de genre des années 50 qui m’ont terrifiés quand j’étais enfant, L’invasion des profanateurs de sépultures de Don Siegel et la série Les Envahisseurs, entres autres...

 

Pourquoi une activité centré autour du papier découpé et de l’impression artistique ?

J’ai découvert le papier découpé à travers le travail artistique de Anne qui depuis les Beaux Arts développe cette pratique. En la voyant travailler des heures sur des œuvres de papier, j’ai vu à quel point la découpe révélait des choses plutôt que d’en retirer. Cependant, l’imaginaire, l’émotion et la beauté des découpes sont de véritables récits d’une grande richesse poétique, d’une grande force illustrative.

L’idée de réaliser des objets de design de papier découpé, œuvre unique et/ou en petite série, m’est apparu essentiel dans un monde où le papier est une denrée jetable. Sa transformation le rend précieux et lui confère un potentiel artistique et poétique infini.

Quant à la Risographie, cette impression à l’aide d’un duplicopieur par pochoir, c’est une pratique qui a croisé mon chemin en tant qu’imprimeur offset dans une grande administration. On avait changé ma machine par une Riso et j’ai tout de suite décelé son potentiel esthétique. Je détournais alors l’impression entre deux tirages officiels pour reproduire des photos au grain et à la trame noir d’une grande sensualité.

 

Enfin la sérigraphie est venu à moi comme une évidence, alors que Anne m’a appris à imprimer à la main. Je suis tombé en amour devant les couleurs, devant les surprises d’impression, devant les encres aqueuses d’une profondeur incroyable, et ce plaisir presque primaire de sentir l’impression physiquement comme un acte de naissance, une sorte de sensualité là encore d’une émotion toujours intacte dès que je reprends la raclette.


Pour moi il s’agit de création pure, le contraire de la « reproduction » d’image, de texte ou d’illustration. C’est un acte de résistance (pour citer Deleuze) . J’aime les sons que font toutes ces activités (et je les compare souvent à la création musicale), même lorsqu’elles sortent des machines. Puis la manipulation du papier réclame une attention de tous les sens… le toucher, l’odeur, le regard, l’écoute… et le goût même si il n’est pas à proprement littéral, il faut le travailler, l’aiguiser pour réaliser de beaux objets.

 

En quoi le upcycling est un plus pour la marque ?

Je dirais presque que sans le upcycling La Martiennerie n’aurait pas vu le jour. C’est l’essence même de la marque. Une autre façon de créer. Même si La Martiennerie s’autorise à acheter du papier, notamment pour l’impression en risographie, le projet est de créer avec le papier en stock et sélectionné en upcycling. Ce n’est pas un plus, c’est une volonté d’optimiser ces papiers qui partiraient au recyclage, alors qu’ils portent encore dans leur fibre des possibles inimaginables !

 

Tu accueilles des artistes pour des résidences, peux-tu nous en parler ?

C'est très simple. Je ne veux pas faire un espace de fablab ou un espace de service. Il en existe déjà beaucoup. Ce que je veux, c’est offrir un espace de création collaboratif. Nous sommes ensemble, avec l’artiste quelque soit son domaine (art plastique, design graphique, design d’objet, design textile, etc.) pour faire naître dans le temps un prototype, une œuvre unique, ou une impression en petite série.
C’est ensemble que nous échangeons au plus près des possibles des machines, des savoirs faire que je maîtrise, de l’expertise, mais aussi avec un échange autour de la création en tant que telle.
Si je prend l’impression en risographie, avec l’illustrateur, le photographe, le designer graphique, on va créer, ensemble. Il ne s’agit pas juste d’appuyer sur un bouton. Le papier, les choix de trames, de couleur et du nombre de passages peuvent déterminer entièrement le résultat. Il peut devenir aléatoire et la présence de l’artiste avec qui je collabore fera toute la différence.
Pour la machine laser, c’est encore une autre démarche, fort d’une pratique dans l’enseignement et d’un stage avec un professionnel qui maîtrise entièrement les machines de ce type, j’amène une expertise et un savoir-faire sur les résultats et sur les papiers qui révèlent après la découpe toutes leur caractéristiques, et leur « potentiels » artistiques. Mais là encore, il s’agit de dialogue et de co-création… C’est une autre façon de travailler, de reproduire, de créer... C'est aussi l'occasion de partager autour de la pratique artistique et de ne pas se laisser envahir par le temps de production, uniquement.

 

Et c’est cher ?

Basé sur un forfait de départ à 250€ HT la demie journée, il est tout a fait intéressant pour les structures ou les artistes indépendants ayant déjà un budget et qui ont le temps de tester, d’expérimenter, d’essayer pour "rêver" des objets...

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2020 - La Martiennerie 

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